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Coup de gueule parisien
J'ai passé deux heures au salon Nautique de Paris. Le "nautic" comme il s'appelle aujourd'hui. Deux heures à regarder de beaux bateaux, des kayaks, des semi-rigides. Et j'avais le sentiment qu'il y avait un absent. Un élément important dont pas grand monde ne parlait. Il fallait attraper un bout de vidéo sur un stand, ou une exposition dans le long couloir entre les deux halls d'exposition pour comprendre ce qui était si peu présent au "nautic": la mer. Paradoxe.
J'ai le sentiment que c'est chaque année pareil. Le salon nautique parle de bateaux, de sports nautiques, de loisirs nautiques, de vacances nautiques ou fluviales. Il ne parle quasiment pas de mer. Cette année, tout le monde, en revanche, parle de "développement durable", de "responsabilité écologique". Mais qui parle de mer? La petite association Sea Shepherd, dans un coin, affiche son militantisme (même si, à connaître leur mentor Paul Watson, avec qui j'ai navigué, je ne suis pas emballé à
100% par ce qu'ils font, cela part au moins d'une bonne idée). Le petit Babouche, de Sébastien Roubinet et Anne-Lise
Vacher Morazzani, deux aventuriers au vrai sens écologique, est relégué dans un coin, alors qu'eux savent bien ce qu'est la mer. C'est bien peu. Il y en a sûrement d'autres, cachés au coin d'un stand. Mais si peu, finalement.
Alors j'ai pensé à l'expérience vécue dans ce même salon nautique, en 2005, année du lancement de Nautilus. J'avais un stand où le magazine était présenté. Et j'ai compris, à une réflexion qui revenait régulièrement dans la bouche de dizaines de personnes à qui j'essayais d'expliquer le magazine, que ce n'était pas la place de Nautilus. Ce qu'elles disaient? "Ah, c'est un magazine sur la mer? Non, cela ne m'intéresse pas: ce que j'aime, ce sont les bateaux..."
Christophe Agnus
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