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L'énergie marine peut-elle être un recours?
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Réévaluer la part des énergies marines ?
Il y a 4 ans, le Club des Argonautes publiait ce texte, qu'il ressort avec beaucoup de justesse tant il est d'actualité:
Dans les scénarios énergétiques "durables", la seule énergie marine qui ne soit pas intermittente, l'Énergie Thermique des Mers ou ETM, (OTEC en anglais), a une part nulle, (lorsque, toutefois, elle est mentionnée !) A l'horizon 2040, dans le cocktail de solutions qui sont préconisées, (Sobriété et Efficacité énergétiques + Energies renouvelables), le total des énergies marines représente souvent 30 à 40 fois moins que l'éolien. Pourtant comme le montrent certaines estimations (*) le "Potentiel Techniquement Exploitable", (de l'ordre de 40 000 à 100 000 TWh / an), est 2 à 5 fois plus important pour l'ETM, que pour l'ensemble "Vent + Houle + Marée". Ceci est bien conforme à ce que nous disent les océanographes: la ressource marine la plus importante est celle stockée sous forme de chaleur dans les océans. Plus de 60 millions de km2 de zones océaniques situées dans la bande intertropicale constituent un immense réservoir d'énergie solaire, avec un écart de température entre la surface et le fond d'au moins 20 degrés. En dépit d'un rendement limité à quelques pour cents, la production d'électricité, (ou si nécessaire d'HYDROGENE, d'ammoniac, ou de tout autre combustible de synthèse transportable), à partir de cette source stable de chaleur repose sur une technologie simple, expérimentée dès la première moitié du siècle dernier. En outre, depuis cette époque, l'extraction du pétrole "off shore" a rendu disponibles les technologies, (et les savoirs faire), qui manquaient pour passer d'une simple preuve de faisabilité à une exploitation industrielle, avec une sûreté de fonctionnement conforme aux exigences du 21ieme siècle. La France a été une nation pionnière dans l'exploration de cette source d'énergie renouvelable, abondante, et stable; cependant, elle a cessé toute activité de développement depuis près de vingt ans, alors que d'autres pays comme les États Unis et le Japon ont maintenu les leurs, et que l'Inde et l'Australie sont désormais présents, depuis la signature du Protocole de Kyoto. En effet, "le Mécanisme de Développement Propre" se prête idéalement à des coopérations ayant pour objet la promotion de l'ETM. Avec la 3ieme ZEE, dont une large part dans la bande intertropicale, avec la fin inéluctable de "l'ère de l'énergie bon marche' ", la France et l'Europe peuvent-elles continuer à ignorer l'ETM et les multiples applications de l'eau froide profonde qui lui sont associées ? Ce serait un effet pervers (et paradoxal !) de l'approche dite de "Non regret", (souvent retenue pour l'établissement de tels scénarios), que d'éliminer une solution sur la base d'une maturité technico-économique non démontrée: alors qu'il est impérieux de ne négliger aucune piste, "le choix initial de ne prendre en compte que les faits établis et les technologies aujourd'hui disponibles" peut avoir pour conséquence indésirable de restreindre l'éventail des possibles !
Le Club des Argonautes. Mars 2006
(*) Voir par exemple http://www.energiethermiquedesmers.net
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