Il aura fallu deux ans pour comprendre ce que sont ces
petits camemberts en plastique repérés sur les plages du littoral et que l’on
retrouve jusque sur les rives de la Seine en plein Paris.
L’association Surfrider 64 (association de protection des
océans et plus précisément son antenne des Pyrénées Atlantiques), qui est à
l’origine de cette enquête, a découvert en décembre dernier que ces rondelles
cannelées, d'une matière proche du polypropylène, sont en fait des supports
résiduels de "médias filtrants", utilisés en premier lieu dans des
aquariums au Japon, puis étendus depuis quelques années au niveau mondial pour
le retraitement des eaux usées.
Selon l’enquête menée par Surfrider 64, « placées en
grand nombre dans un bassin de filtration et mis en mouvement par le flux de
l'eau, ces roulettes libèrent des micro-organismes déposés à leur surface, qui
rongent les matières organiques contenue dans l'eau, la purifiant. » Un
comble. Des rondelles de plastique censées purifier l’eau finissent sur nos
plages en attendant une improbable décomposition ou de finir dans l’estomac des
poissons !
Leur présence dans les cuves de rétention et l'activation
des micro-organismes qu'ils contiennent est aujourd'hui présentée comme une
"technique biologique révolutionnaire", en Chine, aux Etats-Unis
(sous le nom de AMB Bio Media) et en Norvège, où la société norvégienne Anox
Kaldnes est détentrice du brevet initial, mais sans préconiser une solution pour
ces supports une fois épuisés. Et la France n’est pas en reste dans cet
engouement puisque les sociétés Vinci et
Veolia devraient équiper leurs
stations d'épuration de ce modèle, Suez devrait quant à elle annoncer la
création d'un nouveau modèle breveté de ces médias filtrants. On le voit, le
procédé semble faire un tabac et
voilà bien tout le problème.
Aujourd’hui, du littoral portugais aux côtes bretonnes et
jusque dans la Seine personne n’est épargné par ces rondelles censées être éliminées après purification de
l’eau…
C’est donc une catastrophe écologique qui se prépare si rien
n’est fait car tout le monde connaît le caractère particulièrement polluant du
plastique. Dans le cas présent aucun circuit de recyclage n’ayant été prévu, le
pire est à prévoir.
Surfrider, qui milite toujours pour que le droit
international classe les déchets visibles dans la catégorie des pollutions et
non plus comme de simples nuisances comme c’est le cas aujourd’hui (voir
pétitions en lignes),
se dit prête à engager des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables
de cette pollution.
L’appel à témoins de Surfrider
François Verdet, cheville ouvrière des bénévoles du siège de
Surfrider Foundation Pyrénées Atlantiques lance sur le blog de SRF 64 un appel
à tous les internautes afin de collecter de partout des informations
complémentaires, afin de déterminer le caractère accidentel ou régulier de
cette pollution.
« Avis aux personnes vivant à proximité ou
travaillant dans des fabriques de papiers, dans l'industrie agro-alimentaire,
les stations d'épuration ou la pisciculture, ouvrez les yeux, cela pourrait
nous être utile. N'hésitez-pas à nous contacter. D'avance merci pour vos photos
et témoignages »
Un appel auquel se joint la rédaction de Nautilus qui transmettra à Surfrider tous les témoignages qui
lui seront adressés.
Surfrider : www.surfrider64.com