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Menace sur les requins
Cette semaine est décrétée « Semaine européenne du
requin ». L’occasion de rappeler que chaque année entre 70 et 100 millions
de requins sont pêchés à travers le monde. L’écrasante majorité l’est pour une
simple exploitation culinaire, l’aileron du requin étant très apprécié dans
certaines cuisines, notamment japonaise.
On évalue aujourd’hui à 100 000 tonnes la quantité de requins et raies pêchés par
les pays de l’Union Européenne. S’agit-il d’ailleurs encore de pêche lorsque
l’on sait que ces requins sont
rejetés à la mer toujours vivants
mais privés de leur aileron ? Ceux qui ont vu dernièrement « Océans », le film de Jacques
Perrin, se souviennent sans doute des images terribles d’un requin amputé de son
aileron rejeté à l’eau, piquant
droit vers le fond, incapable de se diriger. L’image (certes en l’occurrence une maquette animée, pas un vrai requin) fait froid dans le dos et la mort lente du requin que l’on imagine
est difficilement acceptable.
Faut-il encore rappeler que sur les plus de 370 espèces de requins
seules quelques-unes sont dangereuses pour l’Homme et selon les experts dans
certaines conditions seulement? Prenons l’exemple du plus impressionnant d’entre eux, le
requin blanc: de nombreux témoignages de plongeurs, et même des films, prouvent qu’il est tout à
fait possible de nager à ses côtés sans que celui-ci attaque. À condition de ne
pas prendre la fuite ce qui est interprété immédiatement par l’animal comme
l’attitude d’une proie. François Sarrano, plongeur très expérimenté,
conseiller scientifique et co-scénariste du film « Océans », en apporte la preuve en nageant durant une longue séquence du film aux côtés d’un grand
blanc. Pour les besoins du film, c'est plus de 60 heures sous l'eau, avec les requins blancs, qui ont été cumulées par les plongeurs. Et pas le moindre incident.
Si certains requins sont effectivement de redoutables
prédateurs, ils n'attaquent que très peu l'homme (une vingtaine d'attaques mortelles par an en moyenne, contre 250 pour les éléphants) et jouent ne l’oublions pas un rôle capital dans l'équilibre des
populations animales marines.
L'Homme, lui,
est le principal prédateur des requins. Il ne doit pas oublier que ces animaux
ont un faible taux de fécondité. Leur trop forte diminution entraînerait un
véritable désastre écologique et un déséquilibre irréversible au sein des
océans.
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