Alors
que les ambitions déclarées lors du Grenelle de l’environnement ont parfois été
revues à la baisse, qu’en est-il de celui de la Mer et plus particulièrement
des aires marines protégées.
On
se souvient qu’en 2007 l’objectif affiché était de couvrir 10 % des eaux sous
juridiction française d’ici 2012 et jusqu’à 20 % en 2020. En 2010, les aires
marines protégées ne représentent seulement que 1,46% de la surface des eaux
sous juridiction française, soit 148 530 km.
Il
faut dire que la tâche est rude et les oppositions nombreuses.
Ces
aires protégées ont pourtant tout leur sens. Alors que l’on ne peut que
constater une forte réduction de la diversité biologique aux niveaux mondial,
elles permettent de protéger des écosystèmes, des espèces ou des habitats
menacés. Elles permettent également de maintenir les capacités d’écosystèmes
clés pour les ressources halieutiques ou conchylicoles, évidemment de restaurer
des milieux dégradés ou encore de mettre en place des mesures écologiques
compensatrices d’activités destructrices… Bref tout le monde devrait y trouver
son compte.
Le
parc marin de l’Iroise est sans doute la meilleure preuve que cela peut marcher
et satisfaire tous les acteurs. Créé en 2007 au large du Finistère, le parc
marin de l’Iroise semble réussir à concilier la protection du milieu marin et
le développement durable des activités. Il est géré par un ensemble d’usagers
de la mer de 49 personnes au total (associations de protection de
l’environnement, usagers de loisirs, pêcheurs, élus locaux…), représentant des
intérêts divers, mais œuvrant depuis trois ans pour la préservation de leur
bien commun, la mer d’Iroise, et pour le maintien des activités humaines qui en
dépendent. Aujourd’hui le parc marin de l’Iroise peut d’ailleurs se targuer de
quelques belles réussites :la mise en place des actions comme la création d’un label « ormeau de
Molène » (en lien avec les pêcheurs des îles), des tests de nouveaux engins de
pêche sélectifs, la cartographie du champ d’algues molénais (ressource majeure
de l’activité économique locale), le suivi de la qualité de l’eau marine, le
suivi des phoques de la mer d’Iroise, ou encore celui du cantonnement de
langoustes sur l’île de Sein en partenariat avec les pêcheurs)... Le Parc s’est de plus lancé sur les traces du requin-pèlerin ou sur celles du bar. Pas si mal
non ?
Aujourd’hui
l’agence des aires marines, créée en 2006 et placée sous la tutelle du
ministère de l’Écologie, de l’Énergie du Développement durable de l’Écologie et
de la Mer, voit plus grand. 97 %
des eaux françaises se trouvent en Outre-mer pourquoi ne pas inclure ces
territoires dans ce processus et dessiner ainsi un véritable réseau d’aires
marines protégées ? Une évidence au regard de la richesse de la
biodiversité marine de ces eaux que ce soit aux Antilles, à Mayotte dans
l’océan Indien ou encore en plein Pacifique avec notamment les superbes lagons
de Nouvelle-Calédonie aujourd’hui inscrits au patrimoine mondial de l’humanité.
Du 15
et 17 novembre prochains, la Rochelle accueillera le deuxième colloque des
aires marines protégées. Élus, collectivités, gestionnaires d’espaces protégés,
acteurs socioprofessionnels et associations se retrouveront autour d’une
table pour imaginer comment préserver plus largement encore une biodiversité
sacrément malmenée.