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Des requins dressés pour chasser le poisson-lion
Tout commence par une erreur. Il y
a dix ans, des amateurs d’aquarium décident de remettre à l’eau des
poissons-lions. Le geste peut sembler généreux à ceci près que nous sommes dans
les eaux du Marine Park de Roatan, au Honduras, et que ce poisson vit
habituellement dans les eaux du Pacifique et de l’océan Indien. L’histoire
aurait pu s’arrêter là et le poisson-lion, privé de son environnement habituel,
disparaître aussi vite qu’il était arrivé. Et bien pas du tout. La rascasse
volante (l’un de ses nombreux autres noms, comme aussi poisson scorpion,
poisson volant ou encore poisson de feu...) semble beaucoup apprécier les eaux des
Caraïbes. Beaucoup trop même. Les côtes du Honduras et de l’Est américain sont
en effet aujourd’hui littéralement envahies par cette espèce très venimeuse qui
ne semble pas avoir de prédateur dans ces eaux et met en danger l’écosystème
sous-marin de la région. Plus récemment les Antilles s’alarmaient également de
l’arrivée du Pterois volitans. Il
faut dire que ce poisson, assez joli il faut bien le reconnaître, à de quoi
inquiéter puisqu’il est capable de pondre plusieurs milliers d'œufs tous les 4
jours. Sans véritable prédateur dans son nouveau milieu il possède de plus un
solide appétit. Selon les spécialistes il représenterait une menace pour une
soixantaine d'espèces présentes sur les récifs coralliens des Antilles. Un
vrai danger.
Résultat : tout est mis en
œuvre pour l’éradiquer y compris les idées les plus inattendues. À l’image de
cette initiative des autorités du Marine Park de Roatan qui ont décidé, avec
l’aide de plongeurs, d’apprendre aux requins à se nourrir de poissons-lions. Il
fallait oser ! Et ils ont eu raison de le faire puisque les requins du
coin semblent avoir inscrit le nouveau venu à leur menu.
L’opération, vous vous en doutez, a
demandé un peu de patience. Des plongeurs ont tout d’abord nourri les requins
avec des poissons-lions morts pour les habituer à ce nouveau goût. Puis des
poissons blessés ont été livrés pour titiller l’instinct du chasseur. Précisons
que si le poisson-lion est très venimeux, l’organisme du requin y est lui
totalement insensible.
Le pari semble gagné puisque les
plongeurs ont constaté que les requins chassaient désormais «l’envahisseur» de façon
totalement autonome.
Malgré ce succès inattendu, la
pêche humaine reste le moyen le plus efficace pour se débarrasser de l’intrus.
Au Marine Park de Roatan on ne désespère pourtant pas de découvrir un prédateur
naturel qui tarde malheureusement à se faire connaître.
1 commentaire(s) à cet article
- De Papygwad : "Je ne connaissais pas cette cause de l'apparition du ..."
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Décidément on ne parle que de lui. Ou plus précisément de la grande famille du calmar, qui compte rappelons-le plus de 300 espèces. Dernièrement, deux spécimens ont particulièrement attiré ...
Un papier sur l'Abeille-Bourbon, aujourd'hui dans Le Monde, par mon ami et voisin Vincent Durupt. C'est ici (attention, le lien ne sera plus valable après quelques jours).
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